Le Pont Noir
En 1768, à la fin de l’endiguement de l’île de la Crosnière par les hommes de Jacobsen, afin de commencer à cultiver ces nouvelles terres, des colons s’installèrent dans les 30 maisons qui avaient été aménagés pour les recevoir.
La Crosnière était particulièrement fertile car elle était située sur de riches polders. Les récoltes furent rapidement abondantes et c’est pourquoi le fruit du travail des habitants suscita un important développement du commerce sur l’île. Le chenal de la Lasse, qui, à cette période mesurait environ cinquante mètres de large, permettait le passage de navires de commerce d’un assez fort tonnage. Ainsi, deux greniers (un pour le blé et l’autre pour l’orge)et un port furent aménagés sur la Lasse près de la ferme de La Cambuse, la plus grande ferme de la Crosnière et maison des régisseurs. Cependant, du fait du mauvais entretien des écours et également du mauvais écoulement des courants maritimes à cause des digues, la Lasse s’envasa assez rapidement.
Ainsi, dans les année 1875, afin de donner un meilleur accès au nouveau port, un pont fut construit au dessus de cette même embouchure. Il doit son nom de « Pont Noir » au fait que ses madriers étaient recouvert d’une couche de goudron afin qu’il résiste mieux à la corrosion de l’eau de mer.
Ainsi, le pont fut utilisé durant tout le XIXème siècle. Cependant, avec le temps et sans entretien, il se dégrada. En trop mauvaise état, il fut abandonné et en 1982 on décida de le fermer à la circulation. L’idée de le détruire commença même à émerger. Mais en 2004, sur les 550 édifices en lice dans la région des Pays de la Loire, le jury de la Fondation du Patrimoine lui remet le premier prix dans la catégorie « eau et mer ». Un an plus tard, en 2005, il fut décidé d’une restauration complète de l’édifice. Ayant aujourd’hui retrouvé son cachet et sa splendeur d’antan, le pont Noir est devenu un élément incontournable du patrimoine et de l’identité de Beauvoir-sur-Mer.