Le passage du Gois


peinture sur le gois

Reliant à marée basse l'île de Noirmoutier au continent avec la ville de Beauvoir-sur-Mer, le passage du Gois, pourtant connu depuis plusieurs siècles ne cesse de fasciner l'Homme. De tout temps, ce dernier a essayé de le maîtriser sans jamais vraiment y parvenir. Aujourd'hui, nombreux sont ceux qui viennent découvrir ou redécouvrir cette originalité de la nature, en prenant parfois le risque de se faire surprendre par la marée et de se retrouver en quelques minutes les pieds dans l'eau, car c'est bien de cela qu'il s'agit.
Ne prenez donc de risques ni pour vous, ni pour les autres et avant de vous engager sur cette chaussée, consultez impérativement les horaires affichés sur les panneaux d'information présents à chaque extrémité du Gois.

Etymologiquement parlant, le mot Gois, Goï ou Goye en patois, amena dans le langage locale le verbe patois « goisère », lui même amenant le verbe « goiser » qui a pour signification : se mouiller les pieds en marchant dans l'eau. Dans la région charentaise, afin de dire la même chose, le mot « gausère » est utilisé. Or, en bas-latin, on dit « guazzare » pour dire « passer à gué ». Le mot Gois serait donc une déformation de gué.


 

Vue du Gois

La première apparition du passage du gois dans l'Histoire remonte aux années 820, sous le règne de l'empereur Louis le Pieux, lorsqu'il est fait mention que Hilbod, abbé du monastère de Saint-Philbert de Noirmoutier, demanda à Pépin, roi d'Aquitaine, de consentir à protéger l'île d'Her contre les invasions Normandes auxquelles l'île était fortement exposée. Pépin refusa et c'est un moine de l'île, Ermentaire, qui, lorsqu'il parle dans ses « mémoires » du refus du roi, évoque que ce dernier « trouva qu'on ne pouvait en tout temps porter secours à l'île d'Her parce que l'accès de cette île n'était pas toujours accessible par les marées de morte-eau ». Ainsi, de part ce témoignage, on peut penser qu'en ce début de IXème siècle, le passage du Gois existait déjà. Cependant, ce ne fut pas toujours le cas. En effet, au début de notre ère, Noirmoutier faisait partit du continent. C'est l'effondrement de l'actuelle baie de Bourgneuf qui la fit devenir île.

La tradition veut que la première traversée du Gois ait eu lieu en 1766 par Auguste Gauvrit, un tailleur de Barbâtre, pourtant les archives démontrent que cette information est fausse. La première traversée connue du passage du Gois se déroula en 843, lorsque des Nantais prisonniers dans l'île d'Her qui était devenue une base des envahisseurs Normands, réussirent à s'échapper et à regagner le continent après que la mer se soit retirée.

 

Vue du Gois

Durant 7 siècles, le Gois ne laissera pas de traces dans l'Histoire. Ce n'est qu'en 1577 que l'on retrouve le mot Goy dans les archives. Au XVIIème siècle, durant le règne de Louis XIV, le Gois était un problème pour la monarchie car très difficile à défendre, c'est ce qu'indique l'ingénieur et architecte militaire Vauban à Louvois dans une lettre daté du 25 février 1689 : « l'endroit du royaume où les entreprises des Anglois et des Hollandois sont le plus à craindre est par la baie de Bourgneuf près l'isle de Noirmoutiers parce qu'une armée navale y peut demeurer avec autant de sureté que dans un port, que l'isle de Noirmoutiers qui n'est séparée de la terre ferme que par un petit bras qui asseiche quelquefois jusqu'à y pouvoir passer à pied sec... ». D'autres témoignages de la même époque nous laissent à penser que le passage était déjà très pratiqué, peut-être sur plusieurs itinéraires parallèles.

Au début du XVIIIème siècle, le Gois est pour la première fois cartographié. En effet, en 1701, on le retrouve sur une carte intitulée « des isles de Noirmoutiers et de Bouing et des costes de la Duché de Retz ». Masse, qui est l'auteur de cette carte, le nomme ainsi : « Vases fermes sur lesquelles on passe de basse mer de Noirmoutiers en Bouing vis à vis le village de l'Epois ». Plus tard, il parlera même de « Route que tiennent les gens de pieds qui passent en basse mer de l'isle de Noirmoutiers à la terre ferme, le fond étant de sable, meslé d'un peu de vase et entrecoupé de petits chenaux ». C'est à partir de cette période que la fréquentation du site va augmenter car les bateaux de la pointe de la Fosse qui faisaient la traversée entre le continent et Noirmoutier étaient payants. Or, la traversée du Gois, elle, était, il est vrai, boueuse et dangereuse...mais gratuite. Le passage, à cette époque, était nettement plus long qu'actuellement puisque les eaux étaient plus avancées dans les terres. Aujourd'hui, sa longueur n'est « que » de 4,125 kilomètres, il est probable qu'à l'époque, il faisait un kilomètre de plus.

 

Le XIXème siècle va être un siècle d'amélioration pour le Gois. Le tracé va se préciser un peu. Cependant, la traversée restait une aventure dangereuse. Le département de la Vendée va commencer à s'intéresser au passage grâce à l'ingénieur Plantier. En effet, dans les années 1800, ce dernier note que « ce passage nommé Gois, et qu'on peu passer avec des guides et de grandes précautions, mérite l'attention du gouvernement sous le double rapport que ce chemin est le seul qui communique avec le continent et qu'il est si dangereux que plusieurs citoyens y ont perdu la vie ».
Ainsi, le département prend deux décisions : Tout d'abord, il créé le métier de « Garde-Goa », consistant à payer une personne dont le travail était d'entretenir le Gois. Cela va entraîner l'arrivée d'infrastructures des deux côtés du Gois. De plus, la douane va s'installer, elle y restera jusqu'au 31 décembre 1945. Deuxièmement, en 1832, le département inscrit le passage sur la liste des voies du département sous le numéro 5.
Ainsi, le Gois commence à être entretenu. Des cailloux sont déversés tous les ans dans les frondières. Aussi, le comblement des filées est commencé. Des potences avec des lumières sont installées de chaque côté du Gois pour indiquer la sortie aux personnes en difficulté dans le passage. Toutes ces améliorations vont permettre aux voitures du service public Beauvoir-Noirmoutier de pouvoir réaliser des traversées journalières avec du courrier, des messageries et des voyageurs.
Grâce à ces améliorations, le passage, bien que toujours dangereux va nettement prendre l'ascendant sur les bateaux de la pointe de la Fosse. Puis, tout va s'accélérer. En 1872, la chaussée va être empierrée et cylindrée. Sept ans plus tard, les socles des balises vont être dotés de barres transversales et les balises piquets recevront des échelons. En 1885, afin d'essayer de stabiliser la chaussée, de petites murettes ont été construites de chaque côté de la route.
Un an plus tard, le Gois est classé dans la voirie départementale de la Vendée et devient « Route de Napoléon-Vendée à Noirmoutier », et en 1893, il est incorporé au réseau de la Roche-sur-Yon à l'Herbaudière. Au début du siècle, le trafic sur le Gois était de cent charrettes attelées par 24 heures, quatre voitures hippomobiles par jour, dix automobiles par mois, 12 000 piétons, six cents vaches, six cents chevaux et ânes par an. Puis l'automobile va commencer à prendre la place des chevaux et des charrettes, ce qui fait que de 1922 à 1924, des travaux sont effectués afin de macadamiser la chaussée. La route est élargie et deux rampes d'accès sont aménagées. Le Gois est alors classé route nationale numéro 148 en 1932. En 1935, la chaussée, éprouvée par les courants à marée haute et défoncée par les véhicules à marée basse, est à nouveau à refaire. Le travail de 1924 n'ayant pas tenu, Louis Brien, alors ingénieur des Ponts et Chaussées va vouloir innover et adopta une autre technique. Il procède à un élargissement de la voie et utilise des pavés mesurant 40 cm de côté et 12 cm d'épaisseur, pesant entre vingt et trente kilos qu'il jointe entre eux. Le chantier, non permanent, va durer jusqu'en 1939.

archive du Gois
 

La route sous la mer

En ce qui concerne les balises qui sont aujourd'hui un élément majeur du passage du Gois, l'Histoire nous révèle que les premières d'entre elles ont été installées au XVIIIème siècle. Elles n'ont cessé d'évoluer depuis deux siècles tendant à chaque fois vers plus de solidité et de confort. Les balises que l'on peut voir actuellement sur le Gois ont le même aspect depuis environ un siècle. Au nombre de neuf, elles sont divisées en deux sortes. Tout d'abord, 6 balises sont appelées « mats de perroquet ». Ce sont des poutres, transpercées par différents échelons en fer, et scellées dans un cône de maçonnerie. Les trois autres balises sont nettement plus confortables. Il s'agit cette fois de deux poutres reliées entre elles par des barreaux afin de faire une échelle. Le tout, étant comme les « mats de perroquets » scellé dans un cône de maçonnerie. Au sommet de ces deux poutres, l'on trouve une plate-forme hexagonale munie de rambardes appelée la cage ou encore la hune. Toutes ces balises ont prouvé leur grande utilité en sauvant de nombreuses vies. Cependant, elles ne suffisent pas toujours et le Gois a été le théàtre de nombreux drames.

Durant la seconde guerre mondiale, l'île de Noirmoutier étant passée aux mains des allemands, le Gois était sévèrement contrôlé. En effet, comme le Nord de l'île se trouve devant l'embouchure de la Loire, presque en face Saint-Nazaire, lieu d'une base sous-marine allemande, les nazis ne faisaient pas rentrer n'importe qui dans Noirmoutier.
Depuis le 7 juillet 1971, la liaison entre le continent et Noirmoutier est également assuré par un pont. On aurait pu penser que cela aurait mis un coup d'arrêt à la fréquentation du Gois. Il n'en est rien et le Gois reste aussi emblématique que par le passé.


 

Les horaires de la mairie

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