Les marais salants
L’histoire des salines de Beauvoir-sur-Mer et de la baie de Bourgneuf en général est un élément fondamentale de l’histoire locale du fait que la baie, aux XVème et XVIème siècles avait acquis une renommée internationale grâce à l’exportation de sel. En effet, cette période représente l’âge d’or du sel dans la baie de Bourgneuf. Des bateaux de pays nordiques comme la Hollande, ou encore de pays comme l’Angleterre ou l’Allemagne venaient dans la baie afin de prendre leur cargaison de sel. Cette renommée internationale étaient telle que dans les pays du Nord de l’Europe, le mot « baie » était devenue synonyme de sel.
La production de sel dans la baie de Bourgneuf est très ancienne. Déjà, au Vème siècle, il est rapporté que les premières exploitations de salines avaient vu le jour dans l’île de Noirmoutier. De plus, au VIIème siècle, la cité d’Ampennum était elle aussi dotée de plusieurs exploitations. Au cours des siècles, du fait notamment que l’Homme gagna des parcelles de terres sur l’océan, cette industrie va prendre un essor considérable. Cependant, les guerres et, plus particulièrement la guerre de cent ans, vont ralentir ce développement.
C’est donc au cours des XVème et XVIème siècles que la baie connut son âge d’or. La production de sel était devenue considérable et son écoulement se faisait sans difficultés durant les périodes de paix. Des navires marchands étrangers énormes affluaient, ce qui pouvait provoquer des embouteillages dans la baie. La diversité des nationalités des marins qui abordaient entraînait parfois quelques querelles entre eux. Cela engendra un accord entre les anglais et les hollandais. Ces derniers devant aborder à Bouin et les anglais à Bourgneuf. Ces navires naviguaient pour la plupart en convoi ou sous escorte d’un bateau militaire afin de parer à d’éventuelles attaques pirates.
Dans les siècles qui suivirent, la production et le commerce du sel perdura mais pour plusieurs raisons, elle déclina. Tout d’abord, la Révolution qui a beaucoup éprouvé la Vendée a provoqué l’abandon de nombreux marais salants. Egalement, nombre d’entre eux devinrent improductifs du fait de la vase et du manque d’approvisionnement en eau de mer. De plus, au XIXème siècle, la production de sel n’était plus aussi rentable que par le passé. En 1866, le prix d’une charge de sel, c’est à dire 3000 kg allaient de 25 à 50 Francs alors que la moyenne avait été par le passé de 100 Francs. Le saunier récupérait 1/3 de cette somme et le propriétaire du marais salants avait les 2/3 restants. Ce dernier devait veiller à l’entretien de son marais, payer les frais de charrois, l’impôt foncier, etc, ce qui fait que la rentabilité était faible. Cela engendra la vente de nombreuses salines ou encore plus radicalement l’arrêt des exploitations. Enfin, les sels du midi de la France, pourtant de moins bonne qualité, avait obtenu la préférence du fait de leur transport à prix réduit par voie ferrée. Toutes ces raisons engendrèrent l’abandon des salines. Pour exemple de ce déclin, en 1866, Beauvoir-sur-Mer comptait encore 206 marais en exploitation. Près d’un siècle plus tard, en 1962 le nombre était passé à 75 et pire encore, vingt ans plus tard, en 1982, il n’en restait plus que 9 avec seulement 7 sauniers.
En 1994, la Galopinière est la première saline à être restaurée. Depuis, d’autres marais salants ont eux aussi été rénovés. Aujourd’hui la production de sel à Beauvoir-sur-Mer est relancée.