Le port du Bec, "le petit port chinois"

LES ORIGINES.

Le port du Bec est le troisième port dans l’Histoire à se situer sur le Dain. Le Dain est un étier séparant les villages du Port et de l’Epoids, situés respectivement sur les communes de Beauvoir-sur-Mer et de Bouin. Sous l’effet de l’alluvionnement, ses deux rives n’ont cessé de se rapprocher. Faisant 150 mètres de large à marée haute en 1685, le Dain est aujourd’hui un étier dont la largeur n’excède pas 8 mètres. De plus, son chenal ne cessant de s’envaser, le port s’est progressivement rapproché de l’estuaire, lieu sur lequel est implanté aujourd’hui le port du Bec. Le premier à s’implanter sur le Dain était situé dans le périphérique de l’actuel pont de l’Epoids. Les pêcheurs y étaient tous rassemblés mais son activité était bien moindre qu’à l’heure actuelle. En effet, le site, aux alentours de l’année 1700, ne comptait que 4 barques et bateaux de pêche et avait un petit effectif de 18 maîtres de barques, 33 matelots et 8 mousses. Cependant, contrairement à l’actuel Port du Bec qui n’accueille aujourd’hui que des pêcheurs et des ostréiculteurs, ce port reçut tout au long des XVIIème et XVIIIème siècles des navires marchands.
En juillet 1761, suite à l’alluvionnement, le port avait migré vers l’aval de 600 mètres par rapport à l’emplacement originel. Il était désormais situé au niveau du lieu-dit « Le Bec », à hauteur de « Les Arsais ». Ce port, qui comprenait dans les années 1860 de 20 à 25 bateaux de pêches, devait encore se déplacer de 600 à 700 mètres du fait des endiguements sur la rive droite du Dain effectués en 1852 et 1860, et en 1875 sur l’autre rive. Ainsi, le troisième et actuel port du Bec fut installé dans l’estuaire du Dain en 1882.

vue du port du Bec
 

LE PORT DU BEC DE L’EPOIDS.

Cette position dans l’estuaire même du Dain présentait le désavantage d’une mauvaise isolation du port par rapport au vent d’Ouest et de Nord-Ouest. Ainsi, plusieurs mesures furent prises afin d’atténuer ce désagrément qui pouvait dans l’extrême, causé de terrible dommage pour les bateaux amarrés dans le port. Ainsi, un éperon de 125 mètres de longueur, connu aussi sous le nom de brise-lame, fut construit au Nord-Ouest de l’avant-port. Cependant, l’efficacité de cet éperon ne se révéla pas très bonne et le 20 décembre 1884, une tempête provoqua de lourds dégâts. Ainsi, il fut décidé par la suite de la construction d’une digue longitudinale de 600 mètres de long sur la rive gauche du Dain, qui permettait non seulement de remédier à ce type d’incident, mais également de doubler la capacité d’accueil du port. Néanmoins, on se rendit vite compte que la digue n’avait pas tout arrangé avec la tempête de décembre 1913 qui vint mettre à rude épreuve les embarcations. De nouvelles améliorations des structures pour la sécurité des bateaux furent par la suite demandées au préfet par les pêcheurs, comme par exemple avec la pétition du 21 mai 1914, mais leurs demandes furent rejetées pour différentes raisons. La sécurité de leurs embarcations étaient pour les marins un élément primordial. Celles-ci étaient des outils de travail et sans elles les marins ne pouvaient évidemment plus exercer leur profession et gagner leur vie. C’est l’une des raisons pour laquelle , dans cette même période de fin de XIXème siècle, le 20 novembre 1887, le conseil municipal annonçait la construction du « feu du Bec » avec notamment la mise en place de deux balises qui permettaient aux marins de repérer les rochers du « Goëland » et de la « Préoire ».

 
Autre vue du port du Bec

En ce qui concerne le produit de la pêche, il était approximativement à la fin du XIXème siècle de 100 000 Francs par année. La majeur partie des prises était emmenée à Nantes pour la vente.
Au cours du siècle dernier Le port du Bec ne cessa de se développer. De 30 chaloupes et 6 canots en 1883, il passa à 64 bateaux et canots en 1924, pour dans les années 1980 accueillir aux alentours de 300 embarcations.
Afin d’aménager des installations pour l’activité ostréicole, une partie de la « matte à Naulleau », près de l’écluse, sur la rive gauche fut remblayée en 1950. Le « petit port chinois », comme l’appelle souvent les touristes en raison de sa ressemblance avec les ports que l’on peut voir en Chine, est aujourd’hui le premier port de la baie de Bourgneuf en matière d’ostréiculture et de pêche au chalut. Inscrit à l’Inventaire des sites de la Vendée depuis le 11 décembre 1942, il est aujourd’hui l’un des principaux sites touristiques de Beauvoir-sur-Mer.

 

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