La vie religieuse
L’histoire religieuse de Beauvoir-sur-Mer fut principalement marquée par deux hommes : Saint-Philbert qui arriva dans la région de Beauvoir-sur-Mer vers 675 et Saint-Goustan (ci-dessous), qui lui vécut dans la cité Belevérine de 1024 à 1040.
Ce dernier était admiré en raison de sa piété et sa générosité. Sa mort, en l'an 1040, entraîna le chagrin de toute la population. Cependant, l'histoire retient encore plus l'oeuvre de Saint-Philbert car la vie religieuse dans la cité ne commença réellement qu'avec son installation dans la région à quelques kilomètres d'Ampennum, sur l'île d'Her, aujourd'hui Noirmoutier. En effet, l'évêque de Poitiers, Ansoald, lui fit une donation dans les années 675, qui comprenait notamment l'île d'Her et les villes d'Ampenuum et de Déas, aujourd'hui Saint-Philbert-de-Grand-Lieu. Après avoir fondé une abbaye bénédictine sur l'île vers 676, Philbert, qui avait pour mission de parfaire l'évangélisation dans les domaines que l'évêque Ansoald lui avait confié, décida d'envoyer des religieux de son abbaye à Ampennum afin d'y construire un prieuré pour célébrer la messe à la population. Ce monastère vit de nombreux voyageurs car Ampennum était le lieu de passage obligé pour se rendre sur les îles d'Yeu et de Noirmoutier. Les moines avaient le devoir de les accueillir et de les aider. Ce monastère demeura le seul à Beauvoir-sur-Mer durant trois siècles et dût faire face aux invasions normandes qui dévastèrent les côtes atlantiques. L'édifice n'y résista pas et fut détruit mais au XIème siècle on décida de reconstruire une église romane à l'emplacement même du prieuré : L'église Saint-Philbert qui est toujours à l'heure actuelle l'église paroissiale de Beauvoir-sur-Mer.
D'autres édifices religieux eurent leur place à Beauvoir-sur-Mer durant les dix derniers siècles. Ils ne connurent cependant pas la même chance que l'église Saint-Philbert. En effet, trois monastères représentant trois communautés différentes furent construis entre les XIème et XIIIème siècles.
Parmi ces trois communautés, l'on peut retrouver l'ordre des bénédictins. Ces derniers construisirent au XIème siècle le monastère de Saint-Pierre-les-Champs dans le quartier Sud de la ville. La vie des religieux dans les monastères bénédictins, assujettie à la règle de Saint Benoît, était divisée en de régulières périodes de prière, de lecture de la Sainte Ecriture, de repos, de travail physique et de sommeil. Dans des périodes postérieures, le travail intellectuel et l'enseignement remplacèrent les travaux agricoles, les artisanats et les autres formes de travail. Une autre particularité des monastères bénédictins était que le modèle de la vie était la famille, l'abbé étant considéré comme le père et les religieux comme des frères. Le monastère de Saint-Pierre-les-Champs qui répondait à ces règles dépendait de la célèbre abbaye de Maillezais au sud de Fontenay le Comte qui était l'une des abbayes bénédictines les plus riches du Poitou. Cependant, lors de la Révolution, il fut annexé au prieuré Saint-Martin de Sallertaine qui lui-même était dépendant de l'abbaye de Marmoutier fondée par Saint-Martin de Tours.
Autre communauté religieuse à s'être installée à Beauvoir-sur-Mer : l'ordre de la Sainte-Trinité avec l'abbaye Sainte-Catherine, fondée quant à elle au XIIIème siècle. Cet ordre de la Sainte Trinité, aussi connu en France sous le nom d'ordre des mathurins, fut créé par Jean de Matha et Félix de Valois en 1198. Il avait pour objectif de racheter les chrétiens prisonniers et réduit à l'esclavage dans les pays barbares au temps des croisades. C'est pourquoi un tiers de tous les revenus était réservé aux rançons pour racheter les prisonniers. L'abbaye Sainte-Catherine était l'une des deux seules de cet ordre à se situer dans le Bas-Poitou, avec celle de Luçon, mais elle fut pillée et brûlée pendant les Guerres de Religion. De 1698 à 1701, le R.P . Nicolas Le Laboureur restaura totalement l'abbaye et en plus y ajouta quelques éléments comme par exemple un appartement pour les hôtes, une grange avec au dessus un grenier et un moulin, lequel subsiste encore aujourd'hui sous le nom de moulin Sainte-Catherine. Durant la Révolution, le 28 juin 1791, le couvent fut vendu comme bien national. A partir de cette date, il passa de mains en mains avant d'être vendu en 1921 à la commune de Beauvoir qui le converti deux années plus tard en hospice communal de vieillards. En 1930, la commune décida d'en faire le don à l'hospice qui bénéficia dès lors d'une autonomie financière. La maisons des mathurins, a été l'objet de travaux au début des années 1990 et en 2005. Ceux-ci étant réalisés afin de moderniser les locaux et d'améliorer les conditions de vie de ses locataires. Cependant, il ne reste aucun vestige, hormis un gisant, des éléments primitifs.
Enfin, le dernière ordre à s'être installé à Beauvoir-sur-Mer est celui des dominicains. Cet ordre, connu également sous la dénomination d'ordre des prêcheurs, a été fondé par Saint Dominique de Guzman (ci-dessous) et approuvé par le pape Innocent III en 1215.
Il avait pour mission de prêcher et de convertir. Il se développa très rapidement et forma un grand nombre de maisons réparties en 8 provinces : Espagne, Toulouse, France, Provence, Lombardie, Rome, Allemagne, Angleterre. Ainsi, aux alentours de 1260, les dominicains s’établirent à Beauvoir-sur-Mer. Les bâtiments, aujourd’hui disparus, étaient entre les rues actuelles des Jacobins, du Puits de Riez, des Tamaris et de la route des Sables. Les dominicains n’étaient pas des moines mais des religieux : ils faisaient vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, mais non de stabilité. Ils vivaient dans des couvents et non dans des abbayes. A Beauvoir-sur-Mer, l’église du couvent des dominicains qui avait survécu à la Révolution fut détruite en 1828 par son propriétaire. En effet, l’Ordre a été supprimé en France en 1790 et le couvent a été vendu 17 000 livres alors que sa mise à prix n’était que de 7 000.